Posté le 5 avril 2021

Même si la sexualité n’est plus autant un “tabou” qu’il y a quelques années, parler de vie affective et sexuelle des personnes reste un sujet difficile à aborder car il est empreint de subjectivité et parce qu’il touche à l’intimité, ce qui par essence se doit de rester secret. La vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap vient, en plus, se heurter au regard de la société ainsi qu’à la représentation de chacun, professionnels et familles.

La majorité des parents est souvent dans le déni de la vie affective de son enfant et les professionnels ont de nombreuses interrogations qui portent régulièrement sur une définition claire de ce qui est autorisé et de ce qui est interdit, mais aussi sur un accompagnement optimal des personnes concernées dans l’expression de l’affectivité et de la sexualité.
Il apparaît qu’ils sont tiraillés par deux exigences : celle de protéger une population vulnérable et dont le consentement est parfois ambigu dans ses relations affectivo-sexuelles et celle de reconnaître la personne sujet acteur de cette même vie, ayant des droits à une intimité et à une vie privée, et dont la vie affective et sexuelle demande à être accompagnée. Cette difficile conciliation apparaît encore plus fortement aujourd’hui, car ils essaient davantage de parvenir à un équilibre, d’instaurer un espace intermédiaire entre ces deux nécessités. La solution majoritairement adoptée est la protection, au détriment du reste.
De toute évidence, cette question interpelle donc régulièrement le positionnement, tant institutionnel, que professionnel et familial et oblige à prendre en considération certains concepts et certaines valeurs, tels que la vulnérabilité, le respect et l’éthique.
De plus en plus souvent, ce sont les résidents eux-mêmes qui viennent bousculer les mentalités et les pratiques professionnelles par l’expression de leur demande en la matière.
Et les cadres, chefs de service, garants du Projet d’Etablissement et du Projet Personnalisé d’Accompagnement (PPA), sont chargés de la sécurité et de l’intimité des personnes accompagnées dans l’établissement, leur intervention est donc pleinement légitimée. Ils sont engagés dans la bientraitance institutionnelle dans tous les domaines, en mobilisant tous les acteurs.
Ils sont, assurément, le vecteur possible d’une mobilisation et d’un processus de dynamique institutionnelle nécessaires, pour que la reconnaissance de la vie affective et sexuelle soit pleinement investie dans chaque établissement.
C’est dans ce subtil mélange de respect, de sécurité et de liberté que pourra s’exprimer cet élan essentiel à l’épanouissement des personnes accompagnées.
Aussi, sous la houlette de leur formatrice, Mme GAUTHIER, les éducateurs spécialisés de troisième année et les cadres en formation au CAFERUIS, à POLARIS Formation, ont mis ces convictions au travail avec l’équipe de l’APAJH 87 (Mr VELGHE – directeur de pôle, Mr BIDON – chef de service éducatif, Mme PERAUD- psychologue, Mme SELEBRAND – éducatrice spécialisée, Mr LEVY – infirmier, Mme DURAND – monitrice éducatrice), qu’ils étaient particulièrement heureux de recevoir. Les échanges ont été nourris et passionnants.

 

Article écrit par Géraldine GAUTHIER, Formatrice POLARIS Formation.

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