Posté le 28 juin 2021

Le mercredi 16 juin 2021, plus de 80 professionnels et futurs professionnels de l’intervention sociale ont participé à une journée d’actualité organisée par Polaris Formation. Au centre de leurs échanges : la pair-aidance, une pratique qui prend de plus en plus de place au sein des institutions sociales et médico-sociales.

Un pair-aidant est une personne qui s’appuie sur son expérience de vie (son « savoir expérientiel ») pour contribuer à l’accompagnement de ceux qui rencontrent les mêmes difficultés. Assez répandue dans le domaine de la santé mentale ou de la lutte contre les addictions, cette pratique se diffuse dans le champ du handicap, de l’accès au logement, de l’accueil de migrants, du rétablissement des personnes cérébro-lésées …
La conférence d’ouverture donnée par Alain Bonnami a dressé un panorama particulièrement précis de la situation. Auteur de « Le pair-aidant : un nouvel acteur du travail social ? » (aux éditions ESF), formateur et responsable de formations à l’institut régional de travail social de Montrouge, il a d’abord apporté une définition de la pair-aidance et montré comment elle devient une composante des politiques sociales. En s’appuyant sur de nombreux témoignages recueillis au cours de ses travaux de recherche, il a ensuite souligné la diversité des formes de pair-aidance et mis en évidence sont intérêt dans le développement de l’autonomie et le « pouvoir d’agir » des personnes accompagné. Il a aussi pointé les questions que l’intervention des pairs-aidants posent aux travailleurs sociaux, aux structures sociales et médico-sociales mais aussi aux organismes de formation. Quelle place donner aux pairs-aidants ? Comment articuler leurs interventions avec celles des professionnels de santé ? Comment concilier la dimension émotionnelle et empathique qu’apportent les pairs-aidants avec la nécessaire distance que requiert l’intervention sociale ? Faut-il former les pairs-aidants et le sont-ils encore vraiment s’ils se professionnalisent et occupent des fonctions salariés ?

La table-ronde qui a suivi, puis les ateliers qui se sont déroulés l’après-midi avec les cadres en formation, ont permis d’illustrer ces propos et de mesurer la diversité et l’intérêt des pratiques de pair-aidance qui existent en Limousin. Pairs-aidants, travailleurs sociaux, directeurs d’établissement et représentant de l’ARS ont témoigné, expliqué, analysé leurs expériences, échangé entre eux et avec les participants.

La qualité des débats nous invite à poursuivre le travail et des perspectives ont été tracées dans ce sens en conclusion de la journée : publication des « actes » de la manifestation, développement d’actions de formation voire de recherche sur ce sujet, implication des personnes accompagnées dans la conception et l’animation de formations à destination des professionnels et futurs professionnels du travail social …

Merci pour leur implication à : l’ADAPEI de le Corrèze, l’APAJH de la Haute-Vienne et l’équipe du GEM, l’APF, l’ARS Nouvelle-Aquitaine, l’Association PRISM 87, l’Association Trisomie 21 Nouvelle-Aquitaine, le CH Esquirol, Hestia, et l’IRTS Ile-de-France Montrouge-Neuilly-sur-Marne.

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